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Interview Exclusive avec Mohamed Souleymane Lô alias Cheïbany Lô
Le Quotidien de Nouakchott - « Ramener le basket-ball Mauritanien sur le plan international est l’une des priorités de la nouvelle fédération »
Titulaire d’un diplôme d’Entraîneur de Niveau 1 en Basket- Ball depuis 2003, il a passé ensuite avec brio un stage d’entraineur de FIBA-Afrique de Niveau 2 du 10 au 17 novembre 2011 à Nouakchott, Mohamed Souleymane Lô alias Cheïbany est l’un des plus jeunes entraineurs de Basket-ball.
Juriste de formation (Maîtrise en Droit Privé), il est passionné de la balle au panier qu’il affectionne, tant. Globe trotter, il a entrainé différentes équipes, dans toutes les catégories et son palmarès est éloquent.
Ce jeune natif de Rosso, après une courte et riche expérience de joueur au sein de Rosso BC et de l’Amicale des Douanes, fera une reconversion dans l’entrainement. Il va d’abord affûter ses armes avec les équipes de Rosso Basket-Club en Juniors, cadets et dames de 1998 à 2003. Pour son baptême de feu, il sera Champion National avec les Juniors et les Cadettes.
De 2003 à 2006, il prendra les rennes de l’équipe de l’Amicale des Douanes en Cadets, Juniors et Dames. Avec les Gabelous, il sera vice Champion en Seniors filles, vice Champion en juniors garçons et finaliste de la coupe nationale des Cadets.
Il sera par la suite, sur le banc de l’équipe de l’ASC Mauritel qu’il entrainera en cadets, seniors et dames en 2009. Il remportera avec les téléphonistes, le trophée de la Coupe Nationale Dame et de la coupe nationale des Cadets et sera finaliste en seniors garçons.
Une année plus tard, il entrainera l’équipe de l’Armée en seniors garçons et dames. Il s’offrira la coupe Nationale Dame et sera vice Champion chez les séniors garçons.
En 2011, il entrainera l’équipe de Chemama Basket-Club en seniors garçons, où il fut finaliste du Championnat National Seniors de cette édition. Cette même année, il remportera le Championnat Scolaire en Cadets et la Coupe Nationale Cadette avec le Centre Tevragh Zeina.
Il a participé à un camp d’entrainement avec des homologues de Mauritanie et du Sénégal sous l’intendance de techniciens Américains à Thiès (Sénégal) en 2013. De retour au pays, il a fait une restitution dans différents villes du pays : Nouakchott, Nouadhibou, Rosso, Boghé, Kaédi, Bababé et M’Bagne. Il est membre de la Direction Technique Nationale et entraîneur de l’équipe nationale féminine, depuis 2006.
Entretien
Le Quotidien de Nouakchott: La FBBRIM et la LRBB de Nouakchott viennent de renouveler leurs instances, quelles commentaires faites vous- après ces deux évènements ?
Mohamed Souleymane Lô : Le basket avait besoin d’un nouveau souffle qu’il s’opère dans le changement ou le renouveau est une bonne chose mais surement pas la plus importante. Ces événements étaient une chose normale vu que les présidents des deux instances étaient partants donc, il fallait les remplacer et je profite de cette occasion qui m’est offerte pour saluer le climat dans lequel s’est déroulée l’élection des nouvelles instances. Une fois de plus la famille du basket-ball est arrivé a trouver des bureaux consensuels et qui ont fait l’humanité.
Question : Avant de porter le costume d’entraineur, vous avez été joueur, comment s’est passé la reconversion ?
Réponse : Disons que ça était facile même quand j’étais joueur, j’adorais m’occuper des tous petits très tôt et j’y ai pris gout. D’un autre coté j’ai eu la chance d’avoir côtoyé ces temps là, une icône du basket Rossossois et Mauritanien, il s’agit d’Amadou Moustapha Keita, qui m’a beaucoup aidé en me responsabilisant très tôt.
A 23 ans déjà je m’occupais des équipes cadettes à Rosso. Ensuite avec son départ en Allemagne Diawoye Keita et moi avons pris le relais avec un grand soutien de la part de tous les anciens de Rosso, notamment Papis Dieng, Moustapha Samaké, Thiombé Keita, Cheikh M’Backé Gueye, entres autres et depuis cette date j’ai mordu à l’hameçon, comme on dit.
Question : Selon vous quels sont les maux dont souffre le basket-ball Mauritanien ?
Réponse : Ils sont nombreux, mais le plus important à mes yeux c’est le manque d’implication des autorités publiques dans le développement de ce sport, qui nous a valu des satisfactions dans le passé. J’ai l’habitude de dire que notre pays n’a pas de politique sportive viable. On est très en retard par rapport à tout notre voisinage, qu’il soit de l’Afrique de l’Ouest ou du Maghreb.
Question : Que conseillez- vous aux nouveaux décideurs du basket-ball pour que la Mauritanie retrouve son rayonnement d’antan ?
Réponse : « Conseiller » est un mot très lourd vu que ceux qui président à la destinée du basket Mauritanien sont rompus à la tâche. Ce ne sont pas des novices. Mais, je pense que leur cheval de bataille doit être l’intéressement des autorités publiques, l’accompagnement des mécènes et des institutions privées pour le développement du basket-ball en particulier et du sport en général. Il faut ficeler un programme qui pourra intéresser les promoteurs publics ou privés et les amener à injecter des fonds dans ce noble sport.
Question : Le championnat régional de Nouakchott a été programmé pour le 18 mars prochain, pensez-vous que c’est une date raisonnable pour son démarrage?
Réponse : La notion du temps est très importante de nos jours et la nouvelle du démarrage du championnat régional de Nouakchott pour faire revivre le basket dans la capitale est essentielle. Je trouve que c’est une bonne chose. La date du 18 mars est très proche, du moins pour une équipe structurée et qui a de l’ambition, mais vu que la plupart des clubs sont encore au stade d’amateur, le championnat pourra démarrer à cette date échue.
Question : Vous êtes membre de la DTN depuis 2006 et entraineur de l’équipe féminine de Basket-ball, qu’avez – vous fait depuis ?
Réponse : (Rires….). Je ne pourrais pas me juger moi-même mais je pense que j’ai essayé de développer des programmes d’entrainement adaptés au niveau de nos filles. Nous avons eu la chance d’avoir des générations de basketteuses qui avaient une bonne marge de progression et qui étaient prometteuses mais vu les différents problèmes qu’a connu le basket ces dernières années, cela s’est stoppé net et aujourd’hui il faut tout reprendre à zéro.
Je suis également responsable de la formation avec la volonté du DTN Tapha Keita et on essaie de faire des stages un peu partout en Mauritanie pour permettre aux entraineurs et aux joueurs des régions et de Nouakchott de pouvoir bénéficier des évolutions que connait la balle au panier et je vous renverrais à la page Facebook de la DTN, pour voir. A côté de cela, j’ai animé des stages de formations d’animateurs et d’entraineurs des jeunes au niveau de Nouadhibou et de Bababé.
Question : Récemment, vous avez été désigné comme président de la Commission Technique au sein de la LRBB de Nouakchott, quels seront vos chantiers prioritaires ? Et qu’allez-vous proposer à la Ligue de Nouakchott ?
Rponse : Disons que c’est plutôt une reconduction, parce que j’occupais ce poste au sein de la Ligue précédente que je remercie au passage et je remercie la nouvelle ligue pour la confiance qu’elle a placée en moi pour me confier un poste aussi stratégique que celui-là.
Les chantiers sont nombreux mais ma priorité pour cette année c’est de :
- Mettre en place des programmes d’entrainements unifiés
- Développer des pôles d’entrainements pour les meilleurs jeunes des différentes Moughataas
- Faire un état des lieux au niveau de tous les centres de basket de Nouakchott
- Aider les clubs à mettre en place des centres pour la plus petite catégorie
- Répertorier et classifier tous les entraineurs de Nouakchott
- Mettre en place des compétitions dans les autres catégories qui ne sont pas concernées par le championnat
- Délocaliser les compétitions dans les autres terrains de Nouakchott, suivant le nouveau découpage administratif
- Mettre en place des sélections régionales dans toutes les catégories
- Organiser des Camps d’entrainement avec les Entraineurs expérimentés Mauritaniens et/ou étrangers
Question : Après plus de deux décennies d’absence sur la scène internationale, la Mauritanie avait pris part aux joutes qualificatives de la Zone 2 à Praia (Cap Vert), en 2012 avant de « sécher » toute participation, quels messages adresseriez-vous aux nouveaux patrons de la balle au panier, en ce sens ?
Réponse : En dépit des efforts consentis par l’ancien président le Général de Brigade N’Diaga Dieng, le basket-ball, n’a pu décoller malheureusement. Cependant, la nouvelle équipe fédérale a de l’ambition et pour avoir discuté avec le SG (M’Bodj Amadou Ousmane) qui est un ancien international, il y a des visions très claires sur la relance du basket-ball et l’une de leurs priorités sera de ramener le basket-ball Mauritanien sur le plan international.
Nous en avons besoin pour nous mesurer aux autres nations, même si nous savons que nous sommes très en retard. La place d’antan qu’occupait la Mauritanie sur l’échiquier du Basket-ball africain passe par la participation à toutes les compétitions Arabes, Maghrébines et Africaines. C’est aussi la seule chose qui pourra nous faire grandir.
Question : Les phases finales nationales qui se tiennent habituellement pendant les grandes vacances sont longues et lassantes. En tant que technicien que préconisez-vous, au juste ?
Réponse : C’est une bonne chose d’organiser des phases finales et des play off nationales mais, auparavant on doit d’abord faire des phases zonales qui permettront de qualifier les meilleures équipes par zone. Ceci allégera le calendrier des compétitions et en même temps, il relèvera le niveau du jeu.
Question : La Mauritanie dispose t- elle aujourd’hui de joueurs évoluant à l’extérieur et capables de défendre ses couleurs dans les compétitions continentales ?
MSL : Le potentiel existe aussi bien aussi bien sur le plan national qu’international pour relever le défi et rehausser le blason du basket. Aujourd’hui, malgré cette longue traversée du désert certains de nos jeunes arrivent à monnayer leur talent sur le plan international notamment dans le Maghreb, dans les pays du Golfe et certains même en Europe.
Ajouté à cela des jeunes binationaux qui ont émis le souhait de porter les couleurs nationales : Je pense au cas de Lalya Sidibé dont vous avez publié une interview d’ailleurs. Tout ceci est là pour nous le prouver et il y a d’autres basketteurs qui nous ont contactés dans cette optique-là. Les ingrédients sont légion, aux dirigeants et aux pouvoirs publiques de tout faire pour que la mayonnaise, prenne !
Propos recueillis par Hachim