Cridem

Lancer l'impression
06-11-2015

07:54

A Monsieur le Directeur de Publication du journal L’Authentique/Droit de réponse

Birome Gueye - Monsieur le Directeur,

Votre livraison du 13-10-2015 comportait un article me mettant en cause : «Fall Youssouf à la tête du basketball; une élection qui ne fait pas que des heureux.» Aussi, je vous saurai gré des mesures que vous ne manquerez pas de prendre à l’effet de faire insérer ce droit de réponse, dans l’une de vos prochaines livraisons.

Loin de moi l’idée de vouloir ouvrir une polémique avec Monsieur Fall Youssouf, auquel ce droit de réponse ne s’adresse d’ailleurs pas.
1°) «S’il y a quelqu’un qui ne s’est pas réjouit de l’élection de Fall Youssouf à la fonction de président de la Fédération nationale de basketball mauritanien, c’est bien Mohamed Mahmoud Ould Mah, président du Comité National Olympique!» Absent de Nouakchott au moment de cet évènement sportif, j’étais de retour le 15-10-2015.

Je suis surpris de constater que votre journaliste a pu rendre compte le 13-10-2015 de mes états d’âme à propos du renouvellement de l’organe directeur de la Fédération mauritanienne de basketball.

2°) - «Et pour cause, il (Fall Youssouf), il s’agit d’un leader sportif, pas comme les autres, en tout cas pas comme ceux-là qui ont été cooptés ces dernières années à la tête d’instances sportives nationales alors que rien ne les y prédestinait.»

- «Se proclamant sans le dire à haute voix-président à vie du Comité National Olympique qu’il dirige depuis le milieu des années 90, Ould Mah voit déjà en Fall Youssouf un adversaire potentiel. N’est-ce pas pour cela qu’il avait déjà annoncé la candidature de ce dernier, dans un article paru chez nos confrères du Calame

- «…il considère – inconsciemment ou pas le CNO comme sa ‘’propriété’’ avec tout ce que cela suppose d’avantages.»
Si j’ai bien compris, cela veut dire que personnellement, je suis un leader sportif ‘’coopté’’, c'est-à-dire non élu, et rien ne me prédestinait à être à la tête de l’instance sportive qu’est le CNO.

Dans un premier temps, je pense me prévaloir, d’au moins, de deux groupes d’arguments qui me prédestinaient à être à la tête d’un CNO : la pratique du sport de haut niveau dans trois disciplines (l’athlétisme, le football, la natation) et des références scolaires et universitaires :

a- La pratique du sport de haut niveau

• Vice-champion d’AOF (Afrique occidentale française) du 1000 m cadets, Dakar 1957

• Champion du Sénégal du 1500 m juniors, Thiès 1958 • Finaliste d’un 50 m nage libre scolaire, Saint Nazaire France 1958, nageur classé par la FFN (Fédération française de natation).

• Capitaine de l’équipe de football du lycée de Faidherbe de Saint-Louis.

• Président de la Fédération nationale de football, j’ai amendé une proposition du Bureau exécutif de la FIFA, à son congrès de 1986, à Mexico, pour que la représentation de l’Afrique passe de 3 à 5 équipes à la coupe du monde de football et j’ai dégagé une majorité en faveur de cet amendement, ‘’amendement Ould Mah’’ PV congrès FIFA 1986 Mexico.

Notre compatriote, feu Bâ Mahmoud, alors ambassadeur de Mauritanie à Abidjan, m’avait rapporté un numéro du journal ‘’Fraternité Matin’’, avec, en manchettes : «L’honneur du football africain, défendu par le président de la Fédération mauritanienne de football à Mexico

S’il y a aujourd’hui 5 équipes africaines qui participent à la coupe du monde de football, c’est grâce à ‘’l’amendement Ould Mah’’ «que rien ne prédestinait à être président d’un CNO, à en croire votre journaliste.

b- Arguments scolaires et universitaires

Au lycée Faidherbe de Saint-Louis, au moment où d’autres justifient leur échec scolaire par la pratique du sport, j’ai pu, quant à moi et grâce à Dieu, concilier le sport et les études. C’est ainsi qu’à l’occasion de chaque distribution solennelle des prix, du temps où cette ville était à la fois la capitale du Sénégal et de la Mauritanie, j’obtenais plusieurs prix. Sur le plan universitaire, je suis titulaire :

• D’un doctorat en économie monétaire et bancaire de l’université de Paris I, Panthéon Sorbonne «l’avenir du recyclage des pétrodollars», RFI lui a consacré une émission, un ‘’carrefour’’ où j’étais moi-même l’invité (mai 1980). • D’un diplôme d’études supérieures en sciences politiques de l’université de Paris I, Panthéon Sorbonne.

• Du diplôme de l’école nationale du trésor de Paris.

• Professeur d’économie à l’université de Nouakchott, je suis aujourd’hui fier de constater, tous les jours, que mes anciens étudiants, cadres nationaux ou installés à l’étranger, me font honneur et me témoignent régulièrement leur gratitude.

3°) «Ould Mah, alors président de son parti politique, s’est intéressé à la gestion des sports en briguant une candidature du CNOJe n’ai pas attendu d’être un président de parti ou de CNO, pour commencer à m’intéresser à la gestion en général et à celle du sport en particulier. En 1986, soit 10 ans avant d’être président du CNO, je gérais déjà le sport en ma qualité de président de la fédération nationale de football.

La même année, je deviens le premier maire élu de la ville de Nouakchott. J’ai eu donc à gérer la ville de Nouakchott et je suis heureux de constater que certains carrefours de la capitale portent déjà mon nom, attribués d’abord par les populations elles-mêmes et confirmés ensuite par leurs élus, au sein du conseil municipal de la communauté urbaine de Nouakchott.

Avant de gérer le CNO, j’ai eu également à gérer le budget de l’Etat dont j’étais l’ordonnateur délégué, le trésor et la comptabilité publique, trésorier général de la Mauritanie, la Sonimex, le contrôle financier de la Mauritanie, le contrôle d’Etat.

Monsieur le Directeur de Publication,

Comment votre journaliste sportif a-t-il pu écrire ces inepties et prétendre se réclamer de la profession ô combien noble de journaliste? Il est vrai que cette noble profession a été dévoyée par quelques journalistes qui ont préféré rouler dans de belles cylindrées fournies par le pouvoir et émarger à ses institutions, prompts par ailleurs, à diffamer et à dénigrer, par procuration, les cadres, les valeurs qui font honneur au pays qu’ils servent ou qui l’ont servi au lieu de s’en servir comme le font certains.

Muets à l’égard des agissements du pouvoir, on comprend qu’ils sont en retour libérés de toute contrainte déontologique et dispensés de toutes poursuites judiciaires. C’est pourquoi la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) est réduite à une simple enseigne.

Au moment où fleurissent les médiocrités, on enterre les cadres et les honnêtes citoyens au rythme de la musique funèbre de ces journalistes dont l’impunité procure à notre pays un faux ‘’bon classement’’ parmi les pays qui respectent la ‘’liberté de la presse’’.

Au moment où le pays est prêt à imploser à la moindre occasion, dans l’insouciance totale de ceux qui nous gouvernent, il se trouve un journaliste, au demeurant patron d’un grand site de la place, pour vanter sur les antennes d’une chaîne arabe, les vertus guerrières de ce qui reste de notre armée, prêt à être expédié pour mourir au Yémen pour les caprices meurtriers de certains riches émirs.

4°) «Les deux hommes se vouaient le pire.»

Ce sont là des mots très forts. Après avoir constaté que votre journaliste n’a ni le sens du temps ni celui de l’espace, il faut aussi admettre qu’il n’a pas non plus le sens de la mesure.

5°) «La victoire est toujours revenue à Ould Mah pour avoir écarté des sports Fall Youssouf et ceux qui lui sont proches, Moustapha Saleck Camara, Sèye Cheikh Tidjane et Larabass Ould Malick.»
Quand nous avons été élus et non cooptés, en 1996, MM. Moustapha Saleck Camara, Fall Youssouf et Sèye Cheikh Tidjane étaient respectivement et cumulativement avec leurs fonctions au ministère : président du Comité National Olympique pour le premier ; premier vice-président du Comité National Olympique, chef de missions aux jeux olympiques, président de la fédération de judo pour le second; Secrétaire Général du Comité National Olympique, président de la fédération des sports scolaires et universitaires pour le troisième.

Quant à M. Larabass Ould Malick, il est devenu plutôt membre du nouveau bureau du CNO et non «écarté des sports». Votre journaliste aurait dû parler plutôt du renouvellement du bureau du CNO. Personnellement, j’ai succédé à M. Moustapha Saleck Camara, M. Ndiaga Dieng à M. Fall Youssouf comme premier vice-président du CNO et feu Modibo Traoré à M. Sèye Cheikh Tidjane en qualité de Secrétaire Général du CNO. Il n’a jamais été question d’écarter qui que ce soit.

6°) «Ould Mah a aussi triomphé pour avoir résisté à l’ensemble des ministres chargés des sports ces vingt dernières années qui lui ont, tous, sans exception, fait la guerre à un moment ou un autre.»

Votre journaliste, encore une fois, voit tout en termes de victoires ou de défaites. A le croire, résister à l’ensemble des ministres, est une victoire sur Fall Youssouf qui serait alors, selon lui, derrière les agissements de ces ministres.

Votre journaliste délire, il dit n’importe quoi. Il serait faux de dire que tous les ministres m’ont fait la guerre sans exception. En général, les ministres sont, chacun, la ‘’voix de son maître’’ (la fameuse marque de tourne-disques). Il est vrai que certains ministres exagèrent en ajoutant leur propre voix à celle de ‘’leur maître’’.

Il faut aussi reconnaître, à la décharge de ces ministres, qu’en ma qualité de chef de parti, il m’est arrivé de ne pas soutenir certains présidents, allant même jusqu’à soutenir un autre candidat comme aux dernières élections présidentielles.

C’est en ce sens qu’on peut parler de résistance aux ministres, comme récemment, à l’occasion du renouvellement du CNO, le 30 mai 2015, quand la ministre chargée des sports n’a épargné aucun effort, aucun moyen pour amener les fédérations à voter contre moi. Je pense que l’auteur de l’article s’est servi de ce renouvellement du CNO pour échafauder son article.

En effet, à l’occasion du renouvellement du CNO, M. Fall Youssouf, avait soutenu fermement mon challenger, c’est son plein droit de le faire, comme moi, à mon tour, je me suis fermement défendu. De là à aller jusqu’à dire que MM. «Fall Youssouf et Mohamed Mahmoud Ould Mah se vouaient le pire» Cela relève, plutôt, de la malveillance, nous dirions même de la démence.

Il est vrai que Madame Coumba Bâ, ministre de la jeunesse et des sports, avait chargé M. Fall Youssouf, en qualité de consultant, de la révision de la loi 97-021 du 16-7-97 régissant le sport dans notre pays, dans le sens de limiter à un mandat renouvelable une seule fois, avec effet rétroactif, le mandat du président du CNO et celui des présidents des fédérations nationales sportives.

Madame la ministre avait prévu de faire adopter cette loi révisée avant le renouvellement du CNO. Pour la ministre, le président du CNO et la plupart des présidents des fédérations nationales sportives ayant déjà fait deux mandats ou plus, ne pourront pas ainsi se représenter. La législation, dirigée par un magistrat, ancien président de tribunal, a rejeté le projet de loi à cause de son effet rétroactif.

La loi n’est rétroactive que quand elle est favorable au justiciable. Le projet remanié, sans l’effet rétroactif, mais avec la limitation des mandats, est alors soumis au conseil des ministres qui l’a rejeté à son tour, à cause de la limitation de mandat, un concept qui a plutôt tendance, par les temps qui courent, à déserter les réunions des conseils des ministres africains, surtout que l’assemblée générale élective du CNO, objet de la révision, a déjà eu lieu.

Pour la gouverne de vos lecteurs, la charte olympique, qui a primauté sur les textes nationaux des Etats, ne limite pas les mandats des présidents des CNO et ceux des présidents des fédérations nationales sportives. Quant aux résultats des élections au sein des CNO, ils sont jugés par le CIO où le TAS (Tribunal administratif des sports) en cas d’appel.

En vous souhaitant bonne réception, recevez M. le Directeur de publication, nos sentiments distingués.

Docteur Mohamed Mahmoud Ould Mah



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org