18-09-2026 21:45 - Le projet d’hydrogène vert Aman avance dans un secteur mauritanien encore dominé par les annonces
Agence Ecofin - Les projets d’hydrogène vert annoncés en Mauritanie se comptent désormais par dizaines de gigawatts, mais aucun n’a encore atteint la décision finale d’investissement. Cette nouvelle étape franchie par Aman, fait avancer le projet par rapport au reste, mais rien n’est encore acquis.
La Mauritanie et CWP Global ont signé le mercredi 16 septembre la Convention globale du projet Aman, une première pour l’industrie naissante de l’hydrogène vert dans le pays. Après un protocole d’accord en 2021, puis un accord-cadre en 2022, cette nouvelle étape fait avancer le projet au-delà des accords préliminaires, sans pour autant signifier que son financement ou sa construction sont désormais acquis.
Le Code mauritanien de l’hydrogène vert donne en effet à cette Convention une portée plus importante qu’à l’accord-cadre. La Convention fixe les conditions dans lesquelles le développeur et l’État travailleront pendant le développement puis, si le projet aboutit, pendant son exploitation.
Par ailleurs, CWP indique qu’Aman est désormais entré dans la phase FEED, durant laquelle les études d’ingénierie deviennent plus détaillées en préparation d’une éventuelle décision d’investissement.
Plusieurs étapes restent cependant à franchir. La Convention doit encore être approuvée par une loi pour entrer en vigueur et CWP ne prévoit la décision finale d’investissement, ou FID, que d’ici 2030.
Cette décision est celle par laquelle le développeur s’engage réellement à réaliser le projet et confirme notamment que son financement est disponible. À ce jour, aucun financement bouclé ni contrat ferme avec des acheteurs de l’hydrogène ou de ses dérivés n’a été annoncé.
En plus d’Aman, les autorités indiquaient en mars avoir déjà signé sept accords-cadres dans l’hydrogène vert, alors que les premières Conventions globales, pour Aman et Nour, étaient encore en négociation. Une multiplication d’accords donc, mais dont la plupart restent encore éloignés des décisions qui déclenchent effectivement les investissements.
Cette situation n’est cependant pas propre au pays. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Afrique ne produit actuellement qu’environ 6 000 tonnes d’hydrogène bas-carbone par an, soit très peu au regard, par exemple, des 1,2 million de tonnes annuelles que vise le seul projet Aman. Et alors que 31 projets africains sont annoncés pour 2030, un seul a atteint la décision finale d’investissement.
Aman a donc franchi une étape qu’aucun autre projet mauritanien d’hydrogène vert n’avait encore franchie. Mais le véritable progrès viendra de sa capacité à sécuriser financement et acheteurs, puis à prendre cette décision finale d’investissement qui manque encore à l’essentiel du pipeline africain.
Abdoullah Diop
