23-12-2021 12:09 - Interview exclusive de Madame Amina Habib, Coordinatrice du Groupe Habib Holding
Tawary - Agence Tawary d’Information : Madame Amina Habib, pour débuter cette interview, pouvez-vous nous résumer votre cursus professionnel ?
Amina Habib : Titulaire d’un Master 2 en Management et Ressources humaines.
J’ai débuté ma carrière dans le secteur bancaire avec un BTS en gestion et comptabilité qui sera par la suite complétée par une licence en Commerce international.
J’ai suivi plusieurs formations dans le domaine commercial et bancaire où j’ai passé 15 ans.
Parallèlement à cela, j’avais toujours tenu des activités personnelles, avant d’adhérer au Groupe Habib Holding tout récemment après ma démission.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans le secteur des entreprises avec un tel parcours professionnel impressionnant ?
Ce dont je suis aujourd’hui est le fruit de ma passion qui s’est dessinée dans mon esprit depuis mon enfance. C’est vous dire que j’ai toujours aimé le secteur de l’informel pour être indépendante. Je suis la seule de ma famille à faire des études poussées pour devenir cadre quelque part mais l’idée de monter une activité personnelle a toujours été mon principal objectif qui s’est par la suite réalisée.
Comment peut-on définir la marque du Groupe Habib Holding que vous dirigez ?
Il s’agit d’un holding qui regroupe un ensemble de petites entreprises et de sociétés spécialisées dans différents domaines. Il a été monté par la concertation de quelques partenaires partant du principe de l’instabilité du marché national. Nous œuvrons dans la prestation de services, la formation, le consulting en business et le commerce général.
C’est avec la confiance des partenaires et des collaborateurs que je suis la coordinatrice de toutes les activités du Groupe Habib Holding.
Selon vous, est-ce facile de se faire un nom dans un milieu des affaires où les difficultés sont nombreuses notamment la concurrence, la disponibilité financière, les pesanteurs socio culturelles... ?
Excellente question ! C’est difficile et d’ailleurs très difficile même de se faire de la place dans le monde des affaires et les facteurs que vous avez cités sont des causes.
Croyez-moi, mon parcours professionnel, mon passage dans une institution financière, où, j’avais une grande responsabilité ont été l’occasion pour moi de tisser d’excellents liens avec beaucoup d’hommes d’affaires et des opérateurs économiques mauritaniens. Mes relations dans le monde des affaires, mes échanges avec la richesse de mon carnet d’adresses m’ont facilité l’accès à mon poste actuel.
Une femme éduquée, instruite et ambitieuse. Vous avez été très proche des jeunes pendant et après la période du confinement de la Covid-19. Pouvez-vous, nous parler de ce dont vous avez apporté aux jeunes en cette période difficile ?
Effectivement, j’ai profité durant la Covid-19, pour m’approcher de la jeunesse de mon pays, afin de l’aider dans la formation professionnelle qui est l’une de mes casquettes en tant qu’enseignante dans l’une des universités privées de la place. Après réflexion, j’ai constaté que nous avons une jeunesse passionnée et disponible, mais qui fait face à un certain nombre de problèmes dont la déperdition scolaire, le chômage, les facteurs de la conjoncture, ….
J’ai tenu à rencontrer des jeunes pour les écouter et échanger aux eux sur les possibilités de se former pour qu’ils puissent travailler. Toujours dans l’intérêt d’aider les jeunes, j’avais animé une conférence en mars dernier sur l’insertion professionnelle des jeunes. Je tiens à dire que notre jeunesse a besoin de mesures d’accompagnement du fait qu’elle a de l’ambition.
En Mauritanie, le milieu de la finance a encore la réputation d’être un milieu très masculin. Qu’est-ce que vous en dites ?
Tout à fait, les hommes sont plus présents que les femmes dans le milieu des finances et surtout dans des postes de responsabilité. Mais, avec la volonté et le niveau des études, il y a des femmes qui n’ont pas accepté d’être à la marge malgré les facteurs sociaux. Ce n’est pas facile, mais, elles tiennent à prendre de la place dans le secteur. Elles doivent s’imposer !
Nous avons de plus en plus des modèles de femmes qui réussissent. Dans le pays, le taux de scolarisation des filles n’a été aussi élevé dans le passé. Pour cela, c’est une tendance qu’il faut absolument encourager, car les femmes sont d’un grand apport, particulièrement en matière de gestion et de responsabilité.
La place des femmes et des jeunes dans les entreprises est en constante évolution. Leur impact positif est de plus en plus reconnu. Pensez-vous que c’est une tendance qui a vocation à perdurer ? Une tendance à encourager ?
De manière générale, la finance est un milieu masculin. Sincèrement, c’est un concours de circonstances qui m’a fait atterrir dans la finance. En effet, ma formation est l’une des avantages, j’ai été recrutée dans une institution financière et je me suis découverte une passion pour ce domaine.
Je reviens à la question pour dire que pour les femmes, c’est une évolution à encourager car elle mène vers la responsabilité. Et pour les jeunes, elle est dans la trajectoire de l’évolution.
Enfin quel regard portez-vous sur la culture financière surtout mauritanienne ?
Malheureusement, elle fait défaut chez les jeunes et les femmes pour ne pas dire dans une grande partie de la population. L’absence de l’esprit d’épargne, la mauvaise gestion, les dépenses non contrôlées et inutiles sont les principales entraves du développement économique chez la personne.
Je tiens à dire que la culture de l’épargne et la bonne gestion financière encouragent le développement socio-économique, la création des opportunités d’emploi, et ouvrent les portes de la réussite.
Propos recueillis par Aboubakrine SIDI
