28-12-2015 23:15 - Le retour de Chinguetti
LaLibre - Si elle s’élance depuis Monaco, l’Africa Eco Race 2016 s’annonce déjà comme l’une des éditions les plus difficiles de cette épreuve qui rallie l’Europe à Dakar. Directeur sportif et géomètre officiel du tracé depuis huit ans, René Metge a accepté de lever le voile sur le parcours qu’il a concocté pour les amoureux de l’Afrique.
Après un jour et deux nuits de bateau depuis Sète, la caravane de l’Africa Eco Race débarquera au port de Nador pour une première spéciale de mise en jambes en direction d’Erfoud.
"Le lendemain, la deuxième étape démarrera au pied de l’erg de Merzouga. Si le sable n’est pas porteur, les problèmes risquent de commencer pour certains. Ensuite les paysages seront magnifiques sur une portion inédite jusqu’au volant situé non loin d’Ouled Driss…"
"Ce ne sera pas une partie de plaisir"
Après cette montée graduelle dans l’échelle de la difficulté, René Metge avoue, non sans un sourire malicieux, avoir réservé le plat de résistance pour la soirée du Réveillon de l’an. Une étape menant de Tagounite à Assa (558 km), mais surtout une spéciale de 451 km entre Ouled Driss et Icht qui risque de provoquer un premier écrémage.
"Non seulement il faudra traverser l’erg de Chegaga, mais avant d’y parvenir, il faudra se farcir l’Oued Drâa qui n’a jamais été aussi impraticable avec un sable particulièrement mou. Ce ne sera donc pas une partie de plaisir, surtout que la Lac Iriki n’aura, cette année, rien d’un billard, puisque des petits cordons de dunes y ont germé ci et là …"
Suivra une étape sans liaison, de bivouac à bivouac entre Assa et Remz El Quebir. "Quatre cents kilomètres de pur plaisir de pilotage sur ce qui sera, d’après moi, la plus belle étape marocaine du rallye."
Les principaux faits d’armes en Mauritanie
Pour rallier la péninsule de Dakhla pour la traditionnelle journée de repos, il s’agira de la plus longue étape de cette édition 2016. "Mais plutôt que de terminer la spéciale dans la région de Boujdour, nous l’avons allongée de près de 200 kilomètres jusqu’à Jreififa afin de diminuer de moitié la longue liaison qui longe l’océan jusqu’à Dakhla."
Après un repos bien mérité, l’Africa Eco Race entrera en Mauritanie pour y vivre ses principaux faits d’armes. "Si j’ai un conseil à donner aux concurrents, c’est de ménager leurs forces pour cette deuxième partie de rallye."
Au terme d’une mise en bouche de 100 km en Boulanouar et Chami, le peloton entrera dans le dur avec l’étape menant à Amodjar. "L’avantage avec la Mauritanie c’est que, d’une année à l’autre, le terrain change du tout au tout. Cette étape de 414 km jusqu’au nord d’Atar donnera un premier aperçu de ce que la Mauritanie a à offrir."
"Des cordons et des paysages grandioses"
Le lendemain, la boucle d’Amodjar prendra son envol de Chinguetti, village mythique où aucune organisation n’avait remis les pieds depuis bientôt dix ans. "Ce sera une spéciale splendide et variée avec des paysages typiques des plateaux de l’Adrar et ses roches noires et la magnifique passe de Tifoujar."
La neuvième étape montera encore en difficulté, avec une étape de près de 500 kilomètres en direction d’Akjoujt. "Au programme : des cordons gigantesques dans des paysages grandioses…"
C’est donc à trois jours de l’arrivée au Lac Rose que cette huitième édition de l’Africa Eco Race devrait rendre son verdict sportif avec la fameuse boucle d’Akjoujt. "C’est l’étape 100 % sable du rallye. Une spéciale absolument magnifique alternant franchissements et portions rapides entre les dunes.
Gare aux caps et métrages, car sur près de 400 kilomètres, la moindre petite erreur pourrait faire dévier les équipages de plusieurs dizaines de kilomètres et les envoyer tout droit en enfer dans des cordons complètement infranchissables !"
Restera ensuite au peloton à rejoindre le Sénégal et Saint-Louis, non sans une ultime courte spéciale de 208 kilomètres, avant l’étape mythique et le podium final, dressé sur les rives du Lac Rose.
