20-10-2015 14:30 - Portrait/ Houlèye Diba : un symbole de l’émergence du sport féminin
Journal Le Terroir - A 25 ans, Houlèye Hamedine Diba de taille moyenne est une fille mince de teint noir qui porte souvent des lunettes. Toujours sympathique. Houlèye est élève au lycée technique de Nouakchott. Son cursus scolaire, elle l’a faite entre Gourel Boubou, son village natal, Saradogou et Nouakchott. Elle a tenté deux fois le bac sans succès avant d’intégrer le lycée technique de Nouakchott où elle se spécialise en génie électrique.
Elle est arbitre assistante de deuxième division (ligue), au niveau national. C’est elle qui entraîne l’équipe masculine de football du village de Gourel Boubou. Une première dans l’histoire du football à Boghé. Une jeune fille désignée pour entrainer et diriger l’équipe de FC. Gourel Boubou.
Ce qui se traduit dans son témoignage lors de notre rencontre avec elle : « j’aime beaucoup le sport car c’est une passion qui m’a gagnée dès mon bas âge, j’étais l’amie des garçons, je jouais au football, aux billes avec eux » dit-elle.
Cette passion à la fleur de l’âge pour le football l’a conduit à jouer dans une équipe féminine appelée FC Camara à Nouakchott pendant une année. Apres ce parcours dans l’équipe féminine de FC Camara, elle a subi sa première session de formation sur l’arbitrage en 2010 à Boghé avec monsieur, Idrissa Sarr, arbitre international.
Par la suite, elle a subi un test réussi du niveau international d’arbitrage avec la FIFA. Elle sera malheureusement disqualifiée pour n’avoir pas atteint l’âge requis.
Houlèye et certaines de ses collègues sportives ont tenté en vain une deuxième chance. Leurs noms ont été retirés des listes parce que les instances dirigeantes de la FIFA ont jugé que la Mauritanie n’a pas d’équipe féminine de football.
Une première dans l’histoire du football local ; une jeune fille occupe un poste d’entraineur d’un club de football, FC. Gourel Boubou, une localité de la commune de Boghé. Néanmoins, la jeune dame a fait ses performances avec son club qui a livré trois matchs.
Un contre Thialgou avec succès et deux autres défaites contre Nioly et Touldé. Elle a aussi arbitré un match qui opposait l’espérance de Dar Naim à l’équipe de la garde, en tant que deuxième assistante pour les qualifications à une première division (Play off).
En plus des retombées financières du métier d’arbitrage, Houlèye a réussi à tisser de grandes relations dans le monde sportif. L’arbitrage pour elle est une carrière professionnelle mais l’Etat ne fait aucun effort pour soutenir les jeunes talents surtout féminine martèle t-elle.
Bien qu’elle soit une fille, cela n’a rien changé dans son rôle de dirigeant d’une équipe masculine de football. Son caractère, son engagement et son amour pour ce métier lui ont valu ce grand respect que lui vouent les joueurs de FC Gourel Boubou.
« Mes parents veulent que je me marie mais en fait, je veux aller loin dans l’arbitrage international» confie t-elle. Le poids de la tradition pèse toujours sur ses activités.
« Nous sollicitons des aides, nous jeunes sportives, auprès de l’Etat, du ministère de la jeunesse et des sports et auprès de toutes les bonnes volontés de ce pays » lance Houlèye Diba. Nous lançons un vibrant appel aux détenteurs du pouvoir politique, aux bonnes volontés et tous ceux qui sont soucieux de l’épanouissement du sport en Mauritanie pour nous soutenir.
Habsatou Bâ
